Voici les raisons de la tentative de suicide de BLA

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Le franco-gabonais Brice Laccruche Alihanga (BLA) jeté en prison par le régime qu’il avait pourtant servi avec force et arrogance, ne semble pas diriger sa descente aux enfers qui se poursuit depuis décembre 2019. Il y a quelques jours, l’ancien inamovible directeur de cabinet de la présidence gabonaise et membre influent du Comité permanent parti présidentiel d’Ali Bongo et de Noureddine Valentin, aurait attenté à sa vie dans une des cellules de la prison centrale de Libreville où il y vit reclus.

Les faits. Selon le communiqué du ministère de la Justice sur cet incident, daté « du jeudi 21 mai 2020, au moment de la ronde des agents chargés de la surveillance des détenus aux alentours de 06h30mn, le détenu Brice Laccruche Alihanga a été découvert allongé avec plusieurs entailles le long des deux avants bras« . Pour cette tentative de suicide, l’ancien patron aurait utilisé une boite de conserve.

« Il a été retrouvé à ses côtés une boîte de conserve faisant partie du stock alimentaire qu’il gardait dans sa cellule, dont le couvercle avait été retiré pour cet acte », indique le communiqué officiel.  Plus de peur que de mal donc, tente de rassurer les autorités gabonaises. Malgré ce geste désespéré, le célèbre BLA a « fait l’objet d’un examen psychologique qui le déclare en pleine possession de ses facultés mentales ». Il aurait lui-même « reconnu s’être volontairement entaillé les bras pour des motifs qui restent à élucider et a par ailleurs demandé que sa famille n’en sache rien« . Pour éviter une récidive, « les objets potentiellement dangereux ont donc été retirés de sa cellule », rassure le communiqué.

Pourquoi BLA a voulu se suicide ? L’ancien messager d’Ali Bongo se plaint même de n’avoir « aucune intimité » dans cette cellule. « Tout est fait aux yeux des autres, les odeurs, les discussions et l’absence d’aération empêchent de dormir. Il règne dans la cellule une odeur nauséabonde en raison des excréments qui partagent l’espace exigu, sans compter la prolifération des cafards et autres insectes », décrit son avocat. Il y a selon lui, « une volonté délibérée d’humilier et de torturer » l’ancien puissant collaborateur en disgrâce d’Ali Bongo, accusé de détournement de fonds et de corruption.

BLA dit ne pas comprendre « que dans un milieu carcéral où existe un quartier affecté aux fonctionnaires », les autorités du pénitencier de Libreville aient préféré lui mettre dans cette cellule indigne de son ancienne « haute fonction de Directeur de Cabinet du Président de la République ». Celui qui scandait arrogamment il y a quelque deux mois le slogan « qui boude, bouge » à ses adversaires, en est désormais réduit à bouder à son tour les conditions d’incarcération que subissent pourtant nombre d’adversaires du régime d’Ali Bongo.

Pour ne rien arranger, l’avocat de BLA a indiqué que « depuis quelques jours », son client « présente une affection dermatologique visible à l’œil nu et souffre d’une otite dont il a du mal à être soulagé » en raison de ces conditions de détention. D’où le cri d’alarme envoyé à « l’opinion nationale et internationale sur les conséquences incalculables » qu’auraient ces conditions d’incarcération sur l’ancien ministre en charge du Suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable.

 

 

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