Liberté de la presse : Le Gabon dégringole

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Le Gabon perd six places au classement mondial de la liberté de la presse 2020 et se positionne au 121ème rang mondial avec un score global de 37,20 contre 38,8 en 2019.

La situation du journalisme au Gabon ne cesse de se détériorer rendant de plus en plus difficile l’exercice de ce métier dans ce pays d’Afrique centrale, classé 121e mondial et 2e au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), derrière le Congo Brazzaville classé 118e mondial.

«L’inquiétante érosion de la liberté de la presse, notamment observée depuis l’entrée en fonction de la Haute autorité de la communication (HAC) en 2018, se poursuit et affecte dangereusement l’exercice du journalisme au Gabon», alerte l’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières, dans son classement 2020.

Le pays perd six places par rapport à 2019 et enregistre un score global de 37,20 contre 38,8 l’année dernière et 10,99 pour le compte des exactions commises contre la presse, du fait, selon Reporters sans frontières d’«un régulateur devenu bourreau des médias au Gabon».

«Les médias et les journalistes publiant des articles critiquant le président, son entourage ou des proches du pouvoir font l’objet de suspensions qui n’ont d’autre but que de protéger les intérêts du régime. L’organe de régulation est allé jusqu’à suspendre un journal qui dénonçait justement le caractère arbitraire de ces sanctions», souligne le rapport.

Toutefois, selon les projections de RSF, à travers ce classement qui évalue tous les ans la situation du journalisme dans 180 pays et territoires, la liberté de la presse sera durement affectée ces dix prochaines années en raison de cinq crises majeures. Crise géopolitique générée par l’agressivité des modèles autoritaires ; crise technologique mue par l’absence de régulations appropriées ; crise démocratique portée par le dénigrement de la presse et la haine des journalistes encouragée par des chefs d’État démocratiquement élus ; crise de confiance créée par la suspicion de plus en plus marquée envers les médias d’information ; et une crise économique secrétée par l’appauvrissement de la qualité de la production éditoriale.

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