Journée nationale et internationale de la femme : Une tradition respectée

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Sous le patronage de la première dame, Sylvia Bongo, le Gabon à l’instar des autres nations de la planète, célèbre la journée jumelée nationale et internationale de la femme les 16 et 17 avril en cours.

Par Johanna Asseko

Placées sous le thème, “Les violences faites aux femmes”, les festivités de la célébration des journées internationale et nationale de la femme ont été lancées ce 16 avril par le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale à l’Immeuble Arambo de Libreville. En  présence du corps diplomatique, des membres du gouvernement et des associations féminines. Occasion pour Estelle Ondo, ministre en charge de la Décennie de la femme de tracer le plan décennal de la ’’Décennie de la femme’’ initié par le président Ali Bongo.  Ces festivités, à travers chacun de leurs actes, visent à mettre en relief «les causes profondes qui entravent l’évolution de celles-ci dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique» a indiqué Estelle Ondo, ministre en charge de la Promotion de la femme et du genre. Au Gabon, note-t-elle, «les femmes et les filles n’ont pas encore accédé à l’égalité à laquelle elles aspirent».

De ce fait, le Premier ministre  voit cette journée dédiée aux femmes comme étant une consécration de la prise en compte de l’approche genre dans l’élaboration des politiques publiques du Gabon. La vocation de cette célébration est de promouvoir les droits socio-économiques des femmes. Quelques entraves fragilisent la promotion des droits des femmes au Gabon. Sur le plan juridique, a indiqué le coordonnateur résident des Nations unies, Stephen Jackson, il s’agit de «l’accès à la justice pour les femmes, l’application des lois et le manque de formation du personnel judiciaire sur les instruments juridiques internationaux et les nouvelles dispositions législatives nationales à l’égard des droits de la femme».

L’autonomisation de la femme est une chimère entretenue par l’absence d’une politique de l’emploi sensible au genre, à la prise en compte du genre dans les programmes et projets. L’absence de formation pour encourager les capacités des femmes dans le domaine du leadership et la création d’entreprise engraisse également cette chimère. Ces entraves fragilisent ainsi l’égalité des chances.

Stephen Jackson a relevé également la modicité des subventions de l’Etat aux structures sanitaires, laquelle génère de fléaux sociaux. Il en veut pour preuve la forte prévalence des grossesses précoces en milieu scolaire. «81% des filles contractent leur première grossesse avant l’âge de 20 ans, la méconnaissance par les femmes des valeurs culturelles et traditionnelles et la perte de l’identité culturelle». Par ailleurs, estime-il, «les difficultés d’accès des femmes et des filles à la contraception et les ruptures parfois de stocks en préservatif, dans un contexte où la prévalence du VIH Sida est 6 fois plus élevé chez les filles de 16 à 35 ans que chez les garçons», une paresse d’investissement met en danger les femmes.

Selon lui, le système des Nations unies est déterminé à appuyer le Gabon dans la poursuite de trois grands axes prioritaires : promouvoir l’autonomisation des femmes gabonaises, accroître la participation et la représentation des femmes gabonaises dans la vie politique du pays en adéquation avec la résolution 13/25 du Conseil de sécurité des Nations unies, combattre la violence faite aux femmes et lutter contre toute autre forme d’inégalité et d’injustice à l’égard des femmes.

Même son de cloche, Washi Keita, représentant du FNUAP(Fond des nations unies pour la population) a souligné que l’organisme onusien qu’il représente  va toujours accompagner le Gabon dans le processus de la mise en œuvre de la politique du genre.

Après toutes ces allocutions, l’assistance a eu droit à la présentation d’un atelier basé sur le thème ’’Cadre juridique de l’égalité homme/femme au Gabon : Quel bilan ?’’ Un exposé  dont la  spécificité  était de montrer des différentes conventions relatives aux droits de la femme  que le Gabon a ratifiées  de 1960 à nos jours. Mais aussi, les nouveaux  textes adoptés par le parlement liés à l’approche genre. Un exposé enrichissant qui a été présenté par la juriste, Nicole Nguéma Methoghe. Enfin  cette journée a clos par la coupure du ruban de la foire exposition des femmes et des conférences débats. Par contre, la journée du 17 avril a été consacrée par la marche des femmes et des officiels au Boulevard Omar Bongo, suivis de la remise à l’Assemblée nationale du document relatif au  bilan triennal de la politique de la décennie de la femme pour adoption.

 

 

 

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