Gabon/ A propos de la vacance du pouvoir : La guerre des clans est clairement ouverte !

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Toutes ces forces gardent leur optimisme quant à l’amélioration de l’état de santé de leur mentor

Depuis la dégradation de l’état de santé du président Ali Bongo, les voix s’élèvent et elles sont discordantes. Tant du côté de l’opposition ’’perdue’’ que de la majorité ’’gagnante’’. La guerre des clans est officiellement ouverte.

Par Tar’E (Sce : GR)

N’est-il pas temps  de croire à l’hégémonie politique du Parti démocratique gabonais(PDG) et ses alliés ? Les stratégies adoubées par la mouvance présidentielle au sortir des dernières élections couplées de 2018 ne sont-elles pas à craindre ? Des oppositions qui s’opposent en elles-mêmes  ont-elles la côte populaire ? Des questions sont nombreuses et infinies.

De l’optimisme au sein groupe

Le dossier obscur sur l’état de santé du président Ali Bongo est presque clos. A en croire le camp présidentiel. Un camp s’est renforcé par des nouveaux partis politiques alliés, d’une nouvelle société civile. Toutes ces forces gardent leur optimisme quant à l’amélioration de l’état de santé de leur mentor. Mais aussi sa capacité à gouverner le Gabon jusqu’en 2023. A chaque virulence de l’opposition, ce camp en rang très serré ne tarde de rétorquer. C’est le cas pour  les Sociaux démocrates gabonais (SDG), qui s’insurgent contre  l’appel à agir lancé le 28 février par un groupe d’opposants et de membres de la société civile est clairement un appel à l’insurrection populaire qu’ils ne sauraient approuver.

C’est l’un des néo-partis  de la majorité n’a pas beaucoup apprécié la sortie,  u «groupe des dix», composé d’opposants et de membres de la société civile gabonaise. C’est par la voix leurs honorables députés à l’Assemblée nationale, dont  Maxime Minault Zima Ebeyard et Edgard Owono Ndong, se révoltent contre l’«imposture» et le «désordre installés à la tête de l’État» depuis le début des ennuis de santé d’Ali Bongo. Ils avaient alors invité les Gabonais à agir pour libérer le pays. Leurs propos, «de nature à troubler la paix civile» appellent «clairement à l’insurrection populaire», estime le député Jules Esdras Mouhouloulou.

Outre le porte-parole des SDG, d’autres formations politiques du camp présidentiel tels que le PDG, et bien d’autres ont toujours qualifiés ont toujours condamné ces appels par des «personnes avides d’intérêts hautement personnels aux fins inavouées». Aussi, les met-il en garde contre toute tentative de remise en cause de la force des institutions du pays. Pour eux,   la vacance du pouvoir du président de la République n’est plus à l’ordre du jour et dont  «la cour constitutionnelle a  déjà  fait lecture du droit et a pris des dispositions en vue de la bonne continuité de l’État».

Peut-on y voir un signe des temps ? Après le regroupement de «citoyens libres, conscients et responsables» (lire «La jeune garde exige l’application de l’article 13 de la Constitution») puis Bruno Georges Ngoussi,  les «appels à agir» fusent, Féfé Onanga et un triumvirat de cadres ayant fait part de leur intention de prendre la parole. Les cadres de l’opposition ont-ils encore foi en la capacité de leurs dirigeants à faire face à la situation actuelle ? Nourrissent-ils des appréhensions sur leur détermination à aider le pays à sortir de l’impasse politique née des ennuis de santé d’Ali Bongo ? Espèrent-ils impulser une dynamique nouvelle à même de déverrouiller le jeu ?

Du scepticisme au sein de la troupe

De toute évidence, les leaders de l’opposition viennent de se voir administrer une piqûre de rappel. Certains cadres peuvent se poser en loyalistes. D’autres peuvent jouer aux donneurs de leçons. Mais, près de trois ans après la dernière présidentielle, ces déclarations traduisent une perplexité certaine. Expression d’un refus du surplace, elles soulignent une certaine désespérance. Un peu plus de quatre mois après le déclenchement des ennuis de santé d’Ali Bongo, on rappellera la nécessité d’agir en rangs en serrés. On conseillera aux uns de tenir compte de l’expérience des aînés. On vantera la légitimité de Jean Ping. On enjoindra les autres de se ranger derrière lui. On pourra même les accuser de se lancer dans une aventure suicidaire. Ce sera toujours peine perdue : en conscience, ils disent vouloir mettre fin aux atermoiements et à l’inertie.

Au sein de l’opposition, la question du leadership se trouve implicitement posée. Jean Ping, Zacharie Myboto, Guy Nzouba-Ndama, Casimir Oyé Mba et Alexandre Barro-Chambrier ne peuvent laisser les choses aller à vau-l’eau. Leur gouvernance ayant généré du scepticisme, ils doivent en tirer les enseignements. Pour eux-mêmes, le péché d’orgueil serait désastreux. Pour la suite des événements, les choix autoritaristes seraient contreproductifs. Certes, ils peuvent encore se prévaloir d’initiatives plus ou moins récentes (lire «Jean Ping, le jour de gloire ?» , «Issozé interpelé par l’opposition» ou «Appel au sursaut patriotique»). Certes, ils peuvent en appeler à la solidarité partisane. Mais cela ne les exonèrera nullement. En se refusant à toute introspection, ils n’aideraient en rien à clarifier la situation. En s’y soumettant, ils se donneraient une chance d’y contribuer.

Forces centrifuges

Les sorties de ces derniers jours ne procèdent ni de l’attaque ad hominem ni du conflit de génération. Elles ne relèvent pas non plus de la négation d’une quelconque forme de légitimité – démocratique, populaire ou historique. Elles tiennent simplement de la volonté de créer du mouvement. Si elles reflètent le souci de mettre les élites face à leurs responsabilités, elles participent aussi d’un désir de transparence. En d’autres termes, elles visent trois choses : éveil de la conscience citoyenne, manifestation de la vérité sur la santé d’Ali Bongo et protection des intérêts nationaux. Un consensus sur les voies et moyens d’atteindre ce triple objectif serait de nature à ressouder les rangs. Il pourrait tout autant redonner du sens au leadership au sein de l’opposition.

Pour les initiateurs des appels de ces derniers jours, le plus dur reste à venir : leur donner une suite concrète. S’ils espèrent recourir au peuple, ils doivent préalablement prendre langue avec les institutions et resserrer leurs rangs. Or, quand bien même elle paraît travaillée par des forces centrifuges, l’opposition demeure organisée : au-delà des hiérarchies des partis politiques, Jean Ping apparaît encore comme le leader de ce camp. En son nom, certains laudateurs n’ont d’ailleurs pas attendu pour jouer les obusiers de service. Accusant leurs coreligionnaires de «naïveté», ils n’ont pas hésité à les qualifier d’«enfants». Avec emphase, ils leur ont même fait grief d’avoir «collaboré avec le régime». Au lieu de s’en satisfaire, Jean Ping et les autres leaders de l’opposition devraient songer à adapter leur pratique politique. Ils devraient s’efforcer de la mettre au diapason de l’époque et de ses défis. Pour leur part, les auteurs des appels gagneraient à faire le dos rond.

 

 

 

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